Par Mathias Victorien Ntep
La débâcle des LIC -- Lions Indomptables du Cameroun -- lors de ce Mondial en terre sud-africaine a favorisé la mise en exergue des fléaux qui ont jusqu´ici miné le football camerounais et le pays tout entier en général. Les Camerounais – tant du bercail que de l´étranger -- pourront-ils enfin assimiler la pensée selon laquelle il ne sert à rien d´escamoter les problèmes, de recourir au bricolage, aux « quimboiseurs », aux marabouts pour bidouiller des pseudo-solutions ? Pourront-ils enfin comprendre que la réalisation du potentiel du Cameroun et des Camerounais dans tous les domaines passe nécessairement par la valorisation de la critique franche et constructive, du goût du labeur, de la méritocratie, de la probité, du savoir-vivre et de la conscience professionnelle?
Lorsqu´une centaine de participants se réunissaient vers la fin du mois de mai 2010 pour élaborer des solutions permettant de surmonter à court terme les maux qui minent et plombent actuellement le football camerounais, nous nous doutions de ce que les participants allaient oublier d´aborder certains aspects aussi indispensables à l´épanouissement et à la professionnalisation du football camerounais: la solvabilité des spectateurs potentiels et la qualité du spectacle offert sur la pelouse pour fidéliser ces spectateurs potentiels.
Le « Forum national sur le football camerounais » avait su poser et/ou soulever les problèmes, entre autres, de la démission générale des spectateurs des stades et de l´insuffisance de résultats sur le plan international. L´une des solutions proposées fut la construction d´infrastructures répondant aux normes de la FIFA et l´amélioration de l´encadrement des entraîneurs. Toutefois, ce qu´il convient de signaler, c´est que la plupart des spectateurs potentiels au Cameroun ne peuvent pas se payer le luxe d´un billet d´entrée au stade pour assister à une rencontre de football tant que le pouvoir d´achat des couches populaires demeure très bas.
Ceci fait ressurgir le problème des conditions de vie des couches populaires. Personne n´ignore que le football est non seulement le « sport-roi » à travers la planète, mais aussi la discipline sportive de prédilection des couches populaires. Or, les spectateurs sont le plus souvent issus des couches populaires.
Un entraîneur accompli doit disposer d´habiletés techniques, conceptuelles et humaines
La solvabilité des spectateurs potentiels, c´est-à-dire celle des couches populaires, a été mise à mal et fortement entamée dans le courant de la dernière décennie du siècle dernier. On gagnerait donc à s´échiner à solvabiliser plus de Camerounais pour leur permettre de se procurer les billets d´entrée au stade lors des rencontres de football des championnats locaux. Il est donc plus qu´urgent d´améliorer – en actes -- d´une manière significative les conditions de vie des couches populaires pour solvabiliser la demande globale au Cameroun. Cette opération passe nécessairement par une administration plus intelligente de la collectivité nationale et une gestion plus honnête des ressources du Cameroun. De plus, une valorisation sincère de la méritocratie et l´acceptation systématique de la critique franche et constructive sont deux conditions indispensables au fonctionnement au moins minimal d´une équipe, d´une collectivité ou d´une organisation.
Par ailleurs, un spectateur potentiel ne peut dépenser son argent que s´il est certain que le spectacle offert sera de bonne qualité, et il ne sera fidélisé, tel un client, que si la qualité du spectacle offert est non seulement de haute volée, mais aussi constante. Or, tous les observateurs sont unanimes sur un fait : le niveau du championnat de football de première division a fortement baissé au Cameroun, nonobstant la création d´ « écoles de football » et la multiplication d´entraîneurs, professeurs et encadreurs de football. Le « Forum national sur le football camerounais» a au moins reconnu la nécessité d´améliorer l´encadrement des entraîneurs. Ce qui veut dire que le niveau des entraîneurs et professeurs de football au Cameroun est perfectible. Certains dirigeants et entraîneurs de clubs en parlent. Un ancien bon footballeur ne fait pas nécessairement un bon entraîneur. Contrairement à ce que pensent la majorité des entraîneurs et professeurs de football, un bon entraîneur doit être plus qu´un bon technicien ; un entraîneur accompli doit disposer d´habiletés techniques, conceptuelles et humaines.
Il se dit par exemple que les relations interhumaines conflictuelles et non-maîtrisées entre certains joueurs des LIC – Lions Indomptables du Cameroun – auraient négativement déteint sur le rendement de l´équipe nationale du Cameroun lors de cette Coupe du monde en Afrique du Sud. Les relations mal gérées entre Eto´o et l´entraîneur du Barça auraient entraîné le départ d´Eto´o à Milan -- ce que le Barça doit quelque peu regretter aujourd´hui, car Eto´o est nettement plus efficace sur la pelouse que celui contre qui il fut « troqué». D´ailleurs, Eto´o a réussi à réaliser un triplé avec l´Inter de Milan lors de la saison qui vient de s´écouler.
En outre, nous avançons la proposition et thèse selon laquelle le niveau d´un championnat de football reflète en partie -- seulement en partie -- le niveau des entraîneurs et professeurs de football exerçant dans le championnat de ce pays. L´annonce de la création d´une « Académie Supérieure de Football » pourrait -- si ce projet est bien ficelé par des experts qui saisissent la différence entre une « Ecole Supérieure de Sports », une « Ecole Supérieure de Football » et une « Académie Supérieure de Football » -- donner l´occasion aux entraîneurs, professeurs et encadreurs de football de se recycler de temps en temps pour être au moins au même niveau que leurs collègues travaillant dans les championnats les plus prisés de notre planète.
Le sélectionneur expatrié n´a jamais constitué une panacée
Si les entraîneurs reçoivent une formation solide, méthodique, systématique et scientifique du football, axée sur le développement des habiletés athlétiques, techniques, tactiques, stratégiques et psychologiques de leurs poulains; s´ils mettent -- de temps en temps-- à jour leurs habiletés et surtout s´ils mettent un accent particulier sur l´application systématique, méthodique, intelligente et productive de ce qu´ils auront appris, alors ils pourront facilement former des footballeurs exceptionnels. C´est pour cela qu´on a intérêt à mettre un accent particulier sur la recherche scientifique utile à l´éclosion des talents à la future « Académie Supérieure de Football ».
Certaines langues dans les milieux footballistiques du Cameroun préconisent le recyclage des entraîneurs camerounais et la « camerounisation » du poste de sélectionneur national, ce qui n´est nullement une idée saugrenue. La vérité est que les autorités en charge de la gestion du football du Cameroun ont déjà confié le poste de sélectionneur national à un Camerounais. Le résultat fut décevant dans bien des cas ; dans d´autres cas, il fut satisfaisant. L´embauche d´un sélectionneur-entraîneur expatrié ou de nationalité camerounaise, présente des inconvénients comme des avantages. Soulignons d´abord que le sélectionneur expatrié n´a jamais constitué une panacée : l´exemple de la Côte d´Ivoire est là pour nous le rappeler. Au Mondial 2006 comme à la Coupe du monde 2010, la Côte d´Ivoire n´a pas fait bonne figure. N´a-t-elle pas une armada de bons joueurs évoluant dans les grands championnats et les grandes équipes d´Europe ? N´a-t-elle pas recours depuis plusieurs années aux sélectionneurs à la notoriété mondialement établie ? Apprenons donc à être humbles et à reconnaître que ce n´est pas le « nom » qui joue sur la pelouse.
Un sélectionneur expatrié peut par exemple laisser l´équipe en plan, même en pleine « cambrouse », et se débiner ; on l´a vu avec le prédécesseur de Paul Le Guen. L´expatrié peut être entêté, dédaigneux, arrogant et manquer d´habiletés conceptuelles et humaines ; ce sont ces insuffisances -- du successeur d´Otto Pfister -- qui ont, entre autres, ruiné les LIC lors de ce Mondial en Afrique du Sud. Un proverbe ne dit-il pas « la bêtise et l´orgueil vont de pair » ?
Pour ce qui est du sélectionneur de nationalité camerounaise, les dangers sont ceux que l´on connaît déjà : corruption, tribalisme, manque d´autorité par rapport aux joueurs, manque d´autonomie par rapport aux pouvoirs constitués. A cela s´ajouterait le problème d´actualisation des connaissances en matière footballistique. Par exemple, après la rencontre perdue face au Japon, la plupart des entraîneurs camerounais exigeaient le système de jeu « 4-4-2 », arguant que ce système aurait toujours permis aux LIC d´engranger des victoires ; la rentrée précoce des LIC de l´expédition nipponne et sud-coréenne de 2002 prouve cependant que cette hypothèse est bien fragile.
Les « fioritures » n´ont donc pas assez de place dans le football camerounais
En revanche, tout orfèvre ou balèze en matière de football sait pertinemment qu´on adopte un système (tactique) de jeu précis en fonction de l´adversaire du jour, des forces et des faiblesses de l´équipe, de l´état de la pelouse et d´autres facteurs sur lesquels nous ne voulons pas nous appesantir ici. Le système (tactique) de jeu des LIC lors du match Brésil – Cameroun en 2003, pendant la Coupe des Confédérations, était plutôt du « 4-4-1-1 », avec un attaquant de pointe et un attaquant de soutien et/ou milieu offensif. Le Cameroun remporta pourtant la partie après un but d´Eto´o, qui battit le portier brésilien Dida. On est donc en droit de retenir que le Cameroun peut aussi pratiquer efficacement un système autre que le « 4-4-2 ». Les LIC peuvent pratiquer le « 4-5-1 » ou le « 4-4-1-1 ». Ce qui est en revanche vrai, c´est que le Cameroun dispose d´une « matrice footballistique spécifique », le « Football Hemlè ». Le « Football Hemlè » est animé par une tradition de grands gardiens de buts ; une défense solide ; un milieu de terrain composé de joueurs engagés et athlétiques, effectuant des passes précises ; des attaquants qui ont pour mission essentielle de marquer les buts ou de fixer la défense adverse pour que les coéquipiers marquent les buts. Les « fioritures » n´ont donc pas assez de place dans le football camerounais, à moins qu´elles soient utilisées dans le but de faciliter et d´engendrer la victoire des LIC. Le jeu d´incursions d´un défenseur de couloir dans le camp adverse, n´est pas typiquement camerounais. C´est la raison pour laquelle Assou-Ekotto devrait toujours bénéficier d´une couverture instantanée et automatique lorsqu´il monte avec le ballon, question d´effectuer un réajustement en défense pour éviter de se faire laminer en cas de contre-attaque ou d´encaisser un but. Nous avons déjà expliqué ceci dans un de nos articles avant même le premier match des Lions contre le Japon en Afrique du Sud.
Tout ceci permet aussi de soulever le problème de la compétence et de la formation du sélectionneur-entraîneur, car c´est lui qui doit de temps en temps raisonner, motiver et conseiller les joueurs. En fait, personne ne conteste aujourd´hui que la majorité – pas tous – des entraîneurs camerounais ont besoin de plus de formation et de recyclage. A l´occasion du stage des Lions amateurs organisé par Le Guen avant le début de la Coupe du monde, les entraîneurs camerounais ont exprimé le vœu de se recycler ou de se remettre à niveau, car ils auraient perdu la main. Par la suite, au moins un président de club s´est fait l´écho de ce problème en préconisant la formation et le recyclage des entraîneurs camerounais.
Néanmoins, on doit reconnaître que certains entraîneurs camerounais du bercail comme de l´étranger se recyclent occasionnellement à l´étranger. Cependant, les questions qu´on peut légitimement se poser sont celles de savoir dans quelles langues ces formations de haut niveau sont souvent dispensées, étant donné que la langue est une clé importante facilitant l´acquisition du savoir et des habiletés; quel est le niveau réel de ces formations par rapport à la gamme de formations offertes dans les pays d´accueil, qui administrent ces formations ?
Une autre lubie qui fit son apparition dans le landerneau footballistique camerounais avant et pendant cette Coupe du monde 2010, c´est l´exigence d´une équipe-type avant le Mondial. Le principal inconvénient de l´équipe-type est que son système de jeu peut être facilement disséqué par les entraîneurs et les experts-analystes des équipes adverses. Stratégiquement et tactiquement, la constitution et la publication d´une équipe-type n´est pas recommandable. En allant à la Coupe du monde 2002 au Japon et en Corée du Sud, les LIC avaient une équipe-type ; les férus du football africain et les experts la connaissaient virtuellement par cœur. Et elle ne fit pas florès en Extrême-Orient. Un des encadreurs des LIC à l´époque – qui était encore de la campagne des LIC en Afrique du Sud 2010 – soutint après l´élimination du Cameroun que tous les adversaires des Lions étaient certainement au fait du jeu des Lions – en raison de l´existence d´une équipe-type des LIC.
Par contre, ce qui est envisageable, c´est la constitution d´un certain vivier permanent de 33 à 44 bons joueurs, à raison de 3 à 4 bons joueurs par poste. Ceci éviterait, aux Camerounais, les surprises malencontreuses à quelques mois, semaines ou jours des matchs et tournois internationaux. Les Camerounais se mirent martel en tête en 2002 parce que Mboma avait des soucis au pied avant la Coupe du monde 2002 au Japon et en Corée du Sud. Effectivement, Mboma ne fut pas en forme pendant cette Coupe du monde. Encore une fois, c´est la constitution d´un vivier permanent de 33 à 44 bons joueurs qui doit être une des priorités permanentes des administrateurs, gestionnaires et entraîneurs des LIC. En 1982 en Espagne, le Cameroun disposait de beaucoup de joueurs pouvant suppléer au pied levé à l´absence d´un autre joueur blessé. Ce fut aussi le cas, dans une moindre mesure, en 1990 en Italie.
Les experts-analystes devraient êtres des orfèvres… en matière de football
A ce niveau, on pourrait affirmer que les autorités chargées de la gestion du football camerounais et de l´équipe nationale ne se tromperaient pas en confiant les rênes des LIC aux entraîneurs camerounais compétents – qu´ils soient issus du bercail ou de l´étranger – se trouvant au-dessus de tout soupçon de corruption, d´affairisme et de tribalisme. Le ministère des Sports et la FeCaFoot accorderaient à ces Camerounais compétents, du bercail ou de l´étranger, l´autorité nécessaire par rapport à tous les joueurs, l´autonomie par rapport aux pouvoirs constitués et à l´instance faîtière du football camerounais. En outre, le ministère des Sports et la FeCaFoot engageraient des experts-analystes camerounais, résidant à l´étranger, pour la supervision détaillée des joueurs camerounais évoluant dans tous les autres championnats professionnels étrangers.
Ces experts-analystes camerounais seraient tenus de rédiger régulièrement des rapports systématiques, circonstanciés et objectifs – basés sur des critères précis et intersubjectifs – sur les joueurs camerounais se distinguant dans les championnats professionnels des zones ou pays relevant de leurs compétences. Lesdits rapports seraient envoyés au sélectionneur-entraîneur national par le truchement des ambassades du Cameroun.
Par ailleurs, les experts-analystes pourraient aussi passer au crible les adversaires du Cameroun et rédiger des rapports contenant des recommandations utiles au sélectionneur-entraîneur national et aux entraîneurs qui l´assistent. Il va sans dire que ces experts-analystes devraient êtres des orfèvres (experts) en matière de football, maîtriser le football sur le bout des doigts, être dotés de capacités conceptuelles et morales indéniables, posséder le français et l´anglais, tout comme la ou les principales langues du pays ou de la zone qu´ils seraient appelés à superviser. Leurs rapports devraient être rédigés en français et en anglais.
Quant au prochain sélectionneur, il devrait en réalité être un « sélectionneur-entraîneur », c´est-à-dire qu´il devrait avoir certaines aptitudes psychopédagogiques, aider certains joueurs à surmonter certaines insuffisances ou carences et à développer certaines habilités indispensables au succès des LIC. Ainsi donc, pour qu´un sélectionneur-entraîneur camerounais puisse réussir et convaincre la majorité des Camerounais, il lui faudra faire preuve d´incorruptibilité, d´impartialité, de goût du labeur et de la réflexion, d´autorité persuasive et de connaissance profonde de la chose footballistique, car le parchemin et le titre de professeur-entraîneur certifié de football ne suffisent pas. Nous ne voulons pas aborder, ici, les formations des professeur-entraîneurs certifiés de football, car cela pourrait nous astreindre à mettre en évidence les aspects importants et les points superficiels de ces formations, à examiner les conditions d´admission à ces formations, leurs durées, leurs contenus et leurs valeurs.
En guise de digression, nous savons que dans au moins un pays à la renommée footballistique établie, il arrive parfois que les entraîneurs de certains clubs et les sélectionneurs nationaux soient tout simplement des anciens footballeurs ne possédant aucun diplôme de professeur-entraîneur de football. Nous nous souvenons encore de cet ancien mitron – apprenti boulanger – et footballeur qui dirigea, il y a quelques années, la sélection nationale d´un pays ayant une tradition footballistique remarquable ; ce ne fut pas un échec. En fait, nous souhaitons que le prochain sélectionneur-entraîneur des LIC soit un Camerounais possédant une culture et une expérience footballistique variée et profonde ; qu´il fasse pratiquer le « Football Hemlè » au LIC ; qu´il soit honnête, qu´il ait l´esprit vif, qu´il soit capable de justifier rationnellement, logiquement, objectivement et d´une manière discursive et convaincante ses choix devant les médias, l´opinion publique et les experts ; qu´il s´appuie sur un réseau d´« experts-analystes » camerounais honnêtes, laborieux, maîtrisant le football sur le bout des ongles, consciencieux et dotés d´habiletés intellectuelles, conceptuelles et/ou analytiques remarquables.
« Un homme averti en vaut deux »
Au reste, en raison de l´élimination prématurée des Lions du Mondial sud-africain, il est souhaitable que le nouveau sélectionneur-entraîneur des Lions soit aussi un meneur doté d´habiletés tant techniques qu´humaines et conceptuelles. De plus, le ministère des Sports et la FeCaFoot ne perdraient rien en adoptant une des approches contemporaines qui consiste à faire appel aux « experts - analystes » de football pour suivre les joueurs camerounais évoluant dans les différents championnats. La mission de ces « experts -analystes » serait aussi d´effectuer des études scientifiques pour le compte du ministère des Sports, de la FeCaFoot et de la Direction Technique Nationale ; d´ évaluer en continu les forces et les faiblesses des joueurs camerounais des équipes nationales de football, de proposer des solutions pour leurs permettre de remédier à leurs insuffisances éventuelles ; d´analyser les Lions et les équipes adverses ; enfin d´élaborer, d´une manière méthodique et systématique, des solutions athlétiques, techniques, tactiques et psychologiques permettant aux Lions de venir à bout de leurs adversaires. Il va sans dire que de tels « experts-analystes » devraient être des Camerounais incorruptibles et au patriotisme incontestable, maîtrisant le football tant sur le plan théorique que dans sa dimension pratique.
Avant le début de la Coupe du monde en Afrique du Sud, Le Guen annonça qu´il s´était mis en rapport avec une entreprise européenne pour que cette dernière lui compilât les matchs des adversaires des Lions – le Japon, le Danemark et la Hollande. Le Guen entendait faire voir ces images à ses poulains. Seulement, il est plus aisé de compiler et de se procurer des images et des données que de les analyser systématiquement et méthodiquement pour faire ressortir des informations – dans le sens informatique et économique du terme. C´est pour cela que nous sommes en droit de nous poser la question de savoir si ces images et données furent analysées systématiquement et méthodiquement, pour informer les Lions sur leurs adversaires -- « Un homme averti en vaut deux » -- et surtout pour élaborer des tactiques leur permettant de vaincre leurs adversaires.
Tous les humains n´ont pas le même degré d´intelligence
De plus, le football ne se joue pas qu´à l´aide des pieds ou parfois à l´aide des mains – pour ce qui est du gardien de buts et à l´occasion de la rentrée de touche. Un joueur doit aussi utiliser son intelligence pendant une rencontre de football, et ce de la première à la dernière minute. Nous vous faisons grâce, pour le moment, d´un « cours » sur l´intelligence. Retenons seulement que l´intelligence est indispensable dans la résolution des problèmes en général, et en l´occurrence des problèmes qui surviennent sur la pelouse lors d´une rencontre de football. Ce qui est incontestable, c´est que tous les humains n´ont pas le même degré d´intelligence : certains sont plus vifs, d´autres sont plus indolents.
Quant à l´avantage que procurerait le travail effectué par les « experts-analystes », on peut soutenir qu´ils pourraient, en sus, avoir pour mission de produire les connaissances et/ou les informations – au sens informatique et économique du terme -- footballistiques permettant aux officiels du ministère des Sports et de la FeCaFoot de savoir exactement ce qu´ils peuvent exiger des sélectionneurs, entraîneurs et encadreurs des Lions. Certaines équipes et sélections à travers le monde recourent permanemment aux « experts-analystes » que l´on retrouve dans l´enseignement supérieur ; il s´agit ici de personne rompues à la recherche. Pourquoi le football camerounais ne s´arrimerait-il pas ou ne se mettrait-il pas au diapason des nouvelles approches permettant au moins d´optimiser ses chances d´engranger plus de succès à court, à moyen et à long terme?
Les recommandations du récent « Forum national sur le football camerounais » et les nouvelles approches en matière sportive et/ou footballistique constituent le nouveau paradigme que le Cameroun doit embrasser et mettre en œuvre pour reconstruire à court terme son football. Le rôle du ministère des Sports et de la FeCaFoot se réduirait, dans ce cas, surtout – pas exclusivement – à la surveillance et au contrôle du sélectionneur-entraîneur national, de ses assistants et du réseau d´experts-analystes, pour s´assurer qu´ils demeurent probes, laborieux, objectifs et consciencieux.
Ainsi, il serait expédient et utile aujourd´hui de réorganiser la gestion technique -- en y intégrant un réseau d´experts-analystes camerounais résidant à l´étranger -- et l´administration comptable et financière des équipes nationales de football du Cameroun, afin de les rendre plus professionnelles, plus transparentes, plus rationnelles, plus rigoureuses et plus efficaces. La création d´un réseau d´« experts-analystes » devrait être une des priorités à court terme des autorités compétentes, car certaines grandes nations de football utilisent les structures et les services des chercheurs de l´enseignement supérieur pour préparer leurs rencontres et tournois internationaux, ce que beaucoup ignorent en Afrique. Les autorités conserveraient la prérogative de juger le sélectionneur-entraîneur aux résultats des LIC et les experts-analystes à la qualité du travail qu´ils auraient accompli.
Les propositions faites ci-dessus, jointes aux recommandations élaborées lors du dernier « Forum national sur le football camerounais», constituent le nouveau paradigme indispensable à la relance fructueuse du football camerounais et des LIC à court, moyen et long terme.
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