En nommant le français Hervé Beryl à la tête de la Cameroon Postal services (Campost), le chef de l’Etat à tourné une nouvelle page à l’histoire de cette structure marquée par la triste expérience de la gestion canadienne.
Par Pierre Alexis Kaptchouang
Par un décret présidentiel rendu public, Paul Biya a nommé au poste de directeur général de la Campost le Français Hervé Beryl, conformément au contrat de partenariat qui lie la Sofrepost, filiale de la poste française qui détient déjà des parts sur le marché camerounais du courrier express à travers Chronopost, et le gouvernement camerounais. Un autre décret du chef de l'Etat désigne Jean Pierre Biyiti bi Essam, actuel ministre des Postes et Télécoms, au poste de président du conseil d'administration de la Campost. Tandis qu'Alfred Bagueka Assobo, directeur général des Impôts, est nommé à la tête de l'Assemblée générale de cette même société.
Ainsi donc, le président de la République vient de mettre un terme à quatre années de régime managérial d'exception à la tête de cette société d'Etat, depuis sa mise sous administration provisoire en 2006, et surtout depuis l'expiration en février 2009 du mandat de Tecsult, cabinet canadien arrivé à la tête de Campost en 2007 et dont la gestion s'est soldée par un trou de 2 milliards de Fcfa laissé dans les caisses de l'entreprise.
les textes signés par le chef de l'Etat hier viennent surtout mettre fin à rude bataille à l'intérieur du gouvernement sur le sort à réserver à la Campost, après la triste expérience de la gestion canadienne. Une source proche de ce dossier a d’ailleurs rapporté que "Le gouvernement a fini par avoir raison de tout le monde.
Nous avons tout fait pour lui faire comprendre qu'après l'expérience malheureuse de Tecsult, il était plus judicieux de signer un contrat d'assistance technique avec la Sofrepost, et non un contrat de gestion. Mais rien n'y a fait ! C'est maintenant que je comprends que les réunions qui se sont multipliées autour de ce dossier n'étaient que des rencontres de façade. Tout avait déjà été décidé au plus haut niveau".
En effet, le quotidien Mutations du 4 février dernier, avait révélé que la salle 217 du secrétariat général des services du Premier ministre avait abrité le 27 janvier 2010, une réunion visant à examiner le projet de convention pour la gestion de la Campost par la Sofrepost, lequel document était intitulé "marché d'assistance technique pour la gestion de la Campost". Ce contrat de gestion, selon des sources dignes de foi, fait suite à une audience que le chef de l'Etat a accordé au Dg de Sofrepost, Jean Paul Forceville, lors de sa visite d'Etat en France l'année dernière.
Au cours de cette réunion pour le moins houleuse, a-t-on appris de sources internes aux services du Pm, la plupart des participants se sont catégoriquement opposés à l'idée de confier à nouveau la gestion de la Campost à un partenaire étranger. Ceci à cause non seulement du passage foireux des Canadiens de Tecsult, mais aussi eu égard au fait que Sofrepost est déjà concurrente de la Campost sur le marché du courrier express avec sa filiale Chronopost.
Toujours selon nos sources, les participants à cette réunion présidée par Joseph Ngo, chargé de mission dans les services du Pm, ont plutôt suggéré le recrutement de Sofrepost comme consultant auprès de la Campost. Option qui semblait jusqu'ici avoir prospérée, puisque les dirigeants actuels de la Campost ont ensuite été invités à faire parvenir sous 48 heures aux services du Pm, des propositions sur les axes d'une telle collaboration avec Sofrepost.
Cela aura finalement été peine perdue, puisque depuis hier, c'est plutôt un contrat de gestion semblable à celui signé avec les Canadiens de Tecsult en 2007, qui est mis en œuvre avec la nomination d'un Dg venu dans les valises de Sofrepost.
Selon cette convention, outre le Dg, la Sofrepost va débarquer avec quatre directeurs devant être nommés aux postes névralgiques de l'entreprise. Tout ce beau monde va présider aux destinées de la Campost pendant 2 ans, et va produire à la Sofrepost une rémunération non pas de près de 2 milliards de Fcfa comme nous l'annoncions le 4 février dernier, mais plutôt à 3,1 milliards de Fcfa, a précisé une source proche du dossier hier. Et c'est justement le montant de cette prestation qui fait des gorges chaudes au sein de la Campost et même à l'extérieur.
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