La nomination d’un Belge à la tête de la compagnie de transport aérienne camerounaise laisse présager l’envol imminent de cet appareil.
Par Pierre Alexis Kaptchouang
L’attente s’avérait déjà trop longue. Les camerounais étaient tous impatient de savoir quel était en réalité le sort de la mythique Cameroon Airlines Corporation (Camair-Co) qui a fait couler beaucoup d’encre et de salive depuis la cessation d’activité de la défunte Camair, et sa création le 11 septembre 2006 par le décret N° 2006/293 du 11 septembre 2006 fixant la création de la nouvelle compagnie aérienne du Cameroun « Cameroon airlines corporation ». Le président de la république à finalement mis fin à la longue spéculation quant à l’effectivité de son démarrage. En effet, La Cameroon Airlines corporation (Camair-Co) est désormais dotée d'un directeur général (Dg) et d'un directeur des opérations. Le chef de l'Etat, Paul Biya a nommé hier au poste de Dg de cette compagnie le Belge Alex Van Elk qui remplace ainsi le Français Gilbert Mitonneau, qui a démissionné en mars 2009 en raison des blocages bureaucratiques rencontrés dans la constitution de la flotte de Camair-Co.
Le nouveau directeur général de la Camair-Co qui vient ainsi d’être nommé est un homme expérimenté. Notamment dans le lancement de nouvelles compagnies aériennes. En 2006, il a lancé la compagnie aérienne nigériane Arik Air. Une propriété de l’homme d’affaires nigérian Arumemi-Ikhide. Au départ, Arik Air effectuait uniquement les vols entre les villes nigérianes. Aujourd’hui, Arik Air qui avait remplacé la Nigeria Airways Limited, effectue des vols à New-York, Londres, Johannesburg, Cotonou, Freetown à partir de Lagos et à Londres, Banjul, Dakar, Accra à partir d’Abuja. Alex Van Elk a également géré les aéroports du Nigéria.
En effet, le gouvernement de la république fédérale du Nigéria avait entrepris en 2003 une réforme qui cédait au secteur privé la gestion des aéroports du pays. C’est ainsi que Alex Van Elk, directeur général de Bi-Courtney Limited, le concessionnaire, a eu la responsabilité de financer, de moderniser et gérer les aéroports du Nigéria, notamment le Lagos Airport Terminal 2
A ces cotés, Le poste de directeur des opérations est revenu à Gustav Baldauf. La nomination de ces deux personnalités est un pas décisif dans la structuration de la nouvelle compagnie. En effet, le 11 novembre 2009, lors de la réception du Boeing 767-300 baptisé "le Dja", à l'Aéroport international de Yaoundé Nsimalen, le ministre des Finances, Essimi Menye avait annoncé le lancement d'un appel d'offres pour le recrutement d'un directeur général, d'un directeur financier et d'un directeur des opérations.
Le Minfi avait surtout indiqué que ces postes étaient ouverts à toutes les compétences y compris camerounaises et qu'en les pourvoyant, Camair-Co s'acheminait inexorablement vers son décollage. En attendant la nomination d'un directeur financier et le recrutement du personnel de l'entreprise, l'on est fondé de penser que l'horizon s'éclaircit pour Camair Co. Une source introduite affirme que "la nomination du directeur général, maillon principal de la compagnie, après celle du président du conseil d'administration marque la volonté du chef de l'Etat de faire rapidement bouger les choses. Le reste relève des missions du conseil d'administration. Il suffit de lire les statuts de Camair-Co pour s'en rendre compte".
Pour l'heure le seul avion disponible de cette compagnie aérienne est le "le Dja", propriété de la défuncte Cameroun Airlines (Camair). Depuis son retour triomphal au bercail en novembre 2009, après 6 mois de révision technique en Irlande, l'appareil est resté cloué au sol. Toute chose qui suscite des inquiétudes, quant à l'état de l'aéronef. Le retour du "Dja" sous le ciel camerounais avait du reste été marqué par un conflit de compétences entre des membres du gouvernement s'agissant de la gestion du dossier.
La cérémonie avait ainsi été boudée par le ministre des Transports, Bello Bouba Maïgari. Des sources proches du ministre indiquaient que le rôle joué par le ministère des Finances, en tant que liquidateur, était terminé. Ce département ministériel devait désormais se contenter de jouer celui de tutelle financière. "Nous avons un rôle à assumer et nous allons l'assumer afin que le Cameroun se dote d'une compagnie aérienne viable et fiable", faisait-on alors savoir au ministère des Transports.
Des sources précisaient en outre que le ministre Bello avait donné des instructions à l'Autorité civile aéronautique dans le but de geler le protocole d'accord avec Lufthansa Consulting Group, le consultant chargé d'accompagner l'Etat dans la mise en place de Camair Co.
La "guerre froide" entre le ministère des Finances, le ministère des Transports et le ministère de la planification et de l'aménagement du territoire (Minepat) avait motivé l'organisation d'une "réunion de crise" dans les services du Premier ministre au lendemain de l'atterrissage du Dja à Yaoundé. Des sources indiquaient alors que le Pm, Philémon Yang, tenait ainsi à rappeler au ministre des transports, à celui des Finances et au ministre de l'Economie la nécessité d'une synergie d'actions autour de la mise en place de Camair Co. .© The Entrepreneur Newspaper 2010. All Rights Reserved . Follow The Entrepreneur News on Twitter. See Our Events in Face Book.


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