Le meneur du troupe des BIR qui a semé la pagaille à l’esplanade de la mairie de Kumba 1er mercredi dernier interpellé et détenu dans les cellules de la compagnie alors que les enquêtes s’accentuent pour dénicher tous les responsables de ce scandale militaire.
Par Pierre Alexis Kaptchouang
Qui a mobilisé les hommes du Bataillon d’Intervention Rapide (BIR) qui se sont livré à une prestation spectaculaire à la mairie de Kumba 1er dans une confrontation avec la gendarmerie, et qui avait failli coûter la vie au maire Ekale Mukete ? C’est pour faire la lumière sur cette interrogation que les éléments de la compagnie de Kumba se sont livrés à une véritable chasse à l’homme Une opération qui a déjà permis de mettre la main sur le chef de gang interpellé vendredi dernier et actuellement en détention dans les cellules de cette unité. L’identification de celui-ci, selon des sources crédibles, a révélé qu’il se nomme Epiè, et n’est qu’un imposteur qui se passait pour un élément du BIR. Et pourtant, on l’avait bien vu ce jour là, vêtu d’un pantalon camouflé de l’armée de terre, et d’in tricot noir frappé du sigle BIR à la poitrine, de l’effigie de ce corps d’élite à l’arrière et d’une casquette BIR. Il était à la tête d’une troupe d’une dizaine d’éléments armés de poignard et tous identifiables dans les tenues similaires au sien pour les uns, les autres portant des macarons du BIR sur leur ensemble camouflé. Une perquisition au domicile de Epiè a permis aux gendarmes de mettre la main sur plusieurs tenues de l’armée camerounaise, et sept bérets de couleurs différentes.
Selon des sources ayant requis l’anonymat, cette arrestation fait suite à une dénonciation des autres vrais gars du BIR avec qui il a confronté le chef d’escadron Djatchou Sami Hilaire commandant la compagnie de Kumba et ses hommes. Ces vrais éléments du BIR ont fait savoir que « ce n’est qu’après le choc qu’ils se sont rendus compte de la merde dans laquelle ils se sont foutus ». Ils ont confessé qu’ils croyaient qu’Epiè était leur camarade d’arme lorsque, vêtu en tenue du BIR, il les a contacté pour l’aider à solder une affaire. Des sources proches de la gendarmeries ont en plus rapporté que Epiè un fugitif, recherché dans le cadre du meurtre d’un vendeur de journaux assassiné à Kumba il y a de cela deux semaines, ainsi que plusieurs autres braquages perpétrés dans cette ville.
Une fois dans les filets de la gendarmerie, Epiè a déclaré que ses acolytes et lui étaient « solliciter par le maire » pour intervenir à la mairie. Cependant, à la suite d’une confrontation avec le maire de cette commune prince Ekale Mukete, le bourreau embarrassé s’est plutôt mis à implorer l’indulgence du magistrat municipal, avant de préciser que « le maire dont il détient un téléphone avec un numéro orange ».
Une indication qui, selon les gendarmes, renvoit au 1er adjoint au maire Otang Taku Gérald, le maire et le 2è adjoint n’ayant tous que des numéros des autres prestataires téléphoniques. Le 1er adjoint au maire Otang T. Gérald est d’ailleurs attendu ce jour devant les enquêteurs. Des sources concordantes témoignent l’avoir vu faire entrer deux éléments du BIR à la mairie ce mercredi, quelques temps avant leur altercation avec les gendarmes. Ils y sont restés une quinzaine de minute environ, avant de ressortir ; et avant de se retirer, le 1er adjoint au maire leur a remis de l’argent au vu et au su de tous. Son passage devant les enquêteurs permettra donc d’y apporter un peu plus d’éclaircissement.
La confrontation :
Cette situation remonte au mercredi 05 Août dernier. Le maire de la commune de Kumba 1er Ekale Mukete échappe de justesse à une attaque d’une bande d’une dizaine d’éléments du BIR, armés de poignard qui avaient assailli l’esplanade de cette mairie au environ de 17 hrs alors que s’y déroulait la seconde session ordinaire consacrée à l’adoption du compte administratif 2008.
Une occasion qui avait réuni dans la salle des actes de cette mairie les conseillers municipaux, les employés de la commune, les responsables des services publics de cette localité, le sous-préfet de Kumba 1er ; le préfet de la mémé Abath Zangbwala Magloire et son état major. Quelque peu avant le début des travaux à 12h30 de ce jour, on avait aperçu deux éléments du BIR dans les parages avec une moto sport. Le premier coup de force est enregistré pendant les travaux en commission, lorsque le 1er adjoint au maire décide de prendre part à la commission finance. Les membres de la dite commission se sont opposé à lui, faisant valoir qu’aucun membre de l’exécutif communal n’a le droit d’y participer.
Le maire Ekale Mukete informé, a intervenu pour demander à son 1er adjoint de laisser la commission continuer ses travaux. La tension est vive, et le maire demande aux employés de la mairie de le mettre dehors par force. Ayant changé d’avis, il laisse Otang Gérald participé aux travaux, et se rend à la préfecture. C’est en ce moment que Otang Taku Gérald descend de l’étage où il se trouvait, pour faire entrer le deux éléments du BIR. Après leur départ, ils reviendront autour de 15hrs, et cette fois, plus d’une dizaine, pour se poster non loin de la guérite de la mairie.
Après la reprise des travaux en plénière, il fallait suivre les rapports des commissions, puis procéder à la délibération et à l’adoption. Des éclats de voix s’étant fait entendre, le préfet à fait savoir au maire qu’il n’a pas le droit d’être là pendant l’adoption, avant de lui demandé de quitter la salle. Celui-ci ne se fera pas prier pour s’exécuter. Tout le monde sera surpris de le voir rentrer dans la salle quelques temps après à pas de course, le visage tout rouge, pour rapporter au préfet, au commandant de la compagnie, et au commissaire central la présence dangereuse de ces éléments du BIR qui viennent d’attenter à sa vie. L’ayant fait, il est ressorti, et a quitter les lieu à bord de sa voiture. Sorti pour identifier ces assaillants avec ses hommes, le commandant de la compagnie, le chef d’escadron Djatchou Sani Hilaire a opté pour une approche de dialogue. Hélas, il sera embarrassé par la résistance farouche que lui ont opposé les gars du BIR qui se sont lancé dans une agression verbale.
S’en suivra une course poursuite entre ces hommes en tenue qui suscitera un émoi, et une mobilisation populaire qui bloquera la circulation sur la voie publique pendant plusieurs heures. Les éléments du BIR finiront par fondre dans la brousse, et le commandant Djatchou a décidé d’en découdre avec eux. Par ailleurs, on a appris des informations fondées que certains de ces gars du BIR font partir du dernier contingent arrivé en fin de formation, et qui bénéficie de 15 jours de repos en famille. © The Entrepreneur Newspaper 2009. All Rights Reserved


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