Face au déploiement des bidasses fortement armés dans les grandes métropoles de cette province, les partisans du SCNC ont opté pour la tactique du silence.
Par Pierre-Alexis Kaptchouang
C’est une rare fois dans l’histoire des activités de la Southern Cameroons National Council (Scnc) qui est resté inactif dans la province du Sud-Ouest. En effet, selon des sources concordantes, jusqu’à 20hrs d’hier, aucun signe d’action de ses activistes tels les tracts, les drapeaux du Scnc élevés à certains coins des villes, et des réunions n’étaient perceptibles dans les sites reconnus comme étant leur foyers dont Tiko et Mutenguene, Muyuka, Limbe, Buea et surtout Kumba. La nuit a ainsi été plutôt très laborieuse pour les éléments des forces de maintien de l’ordre qui s’étaient fortement mobilisés, arme au point, dans les principales coins de ces villes réputés être le bastion du SCNC.
En dehors des renforts du BIR, du GPIGN et des marins et d’un détachement du Bataillon spécial Amphibie (BSA) qui continuent à maintenir les populations de Limbe dans la terreur, on a noté un renfort des troupes à Mutenguene et Tiko, base de la BSA. Cependant, dans les autres métropoles, ce sont des différentes unités locales de la police et de la gendarmerie qui se sont organisées pour contrer la SCNC. Revenant à la situation de Limbe, l’incident malheureux du braquage de Dimanche dernier qui a précédé la date du 1er octobre à prêter confusion quant renforcement de la sécurité.
Cependant, lors d’une conférence de presse du préfet du Fako Jules-Marcelin Djaga, le patron du département a confirmé que le couvre feu décrété sur la ville de Limbe ne sera levé qu’après le 02 octobre, soit au lendemain du 1er octobre. Comme quoi, cela n’avait rien à voir avec l’attaque. Certains musulmans pratiquants n’ont pas manqué de relever leurs mécontentements pour n’avoir pas profité des prolongations des réjouissances au soir du ramadan dans cette cité côtière, à cause du couvre feu.
Par ailleurs, contrairement aux années précédentes, aucune patrouille mixte de contrôle des véhicules n’était perceptible sur les grands axes de cette province. Cependant, si à Limbe la présence des hommes en tenue a influencé le rythme des activités pendant cette journée, à Buea la capitale provinciale et dans les autres villes, les populations ont parfaitement vaqué à leurs occupations.
A Kumba, certaines personnes interviewées ont affirmé qu’elles ignoraient jusque là que c’était le 1er octobre avec ses tracasseries habituelles. Ici, les hommes en ténue se sont rabattus dans leurs différents services très tôt ce matin, et ont ainsi laissé les voies libres aux citoyens. Cependant, les autorités de la ville ont multiplié des réunions de sécurité, contrôlant la situation à la loupe, et prêts à mobiliser leurs troupes. Toutes la nuit durant, aux cotés des gendarmes et des policiers de cette ville, ont a aperçu certains maires à l’œuvre, déterminer à traquer tout éventuel manifestant. Et pour s’y prendre, selon des sources bien introduites, ces autorités ont dû solliciter la contribution des populations des différents quartiers de la ville.
Il faut noter que, lors d’une sortie du numéro un de la province du Sud-ouest à l’Université de Buea où il avait pris part à une table ronde sur « l’héritage politique d’une icône de l’histoire du Cameroun anglophone, Nerius Namaso Mbile, qui avait rapidement prêté le flanc au débat sur la question du SCNC », il s’était voulu clair quant à sa nouvelle vision sur la gestion des affaires SCNC.
Le gouverneur Louis Eyeya Zanga avait partagé l’opinion de l’historien Pr. Victor Julius Ngoh pour qui « la question du Scnc ne sera plus perçue comme un sujet tabou », avant de déclarer : « J’admets que les uns et les autres en ont des opinions différentes, mais je pense que c’est une bonne chose parce que nous devrions désormais regarder dans l’avenir.
Les Camerounais sont à mesure de discuter publiquement et ouvertement des affaires les plus pertinentes les concernant, ceci de façon responsable, et peuvent faire la différence entre ce qui est vérité et ce qui ne l’est pas ». Une position soutenue par l’Hon. Norbert Mbile qui avait ajouté « Les gens ne seront plus frustrés pour avoir parlé du Scnc, et nous pensons qu’après cette discussion, nous ne serons plus traités comme un état de siège à l’approche du 1er octobre, comme si les territoires anglophones étaient en état d’urgence.
Nous aimerions que le Scnc face partie de l’héritage politique de notre pays. Nous devrions en parler, en débattre. Ceux qui veulent former des partis politiques selon l’idéologie du Scnc devraient être libres de le faire, et on verra s’ils auront des militants ou pas ”. Selon certaines opinions bien concertées, Louis Eyeya Zanga aurait cette fois ci voulu expérimenter cette nouvelle approche, tout en restant sur ses réserves. Raison pour laquelle, ont-elles conclu, il a déployé ses troupes dans l’essentiel des villes sans pour autant se frotter aux populations qui ont pu, pour la majorité, vaqué à leur activités habituelles.
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