La vie de ce journaliste politicien, jadis connu comme « très controversé », a été passée en revue au cours d’une table ronde qui s’était aussitôt transformé en débat sur la question du SCNC.
L’amphi 150c de l’Université de Buea s’était avéré étroit pour accueillir la foule d’étudiants, enseignants d’université, politiciens et autres dignitaires venus nombreux vivre le débat sur la vie d’une icône de l’histoire politique du Cameroun, Narius Namasu Mbile, Journaliste politicien, syndicaliste, ancien secrétaire d’Etat à l’urbanisme, et président du conseil d’administration de la CDC jusqu’à sa mort en 2003.
Au premier rang de ceux-ci étaient le gouverneur de la province du sud-ouest Louis Eyeya Zanga, l’activiste revélé du SCNC Njoh Litumbe, le Dr Fochingong du SDF, le président national de l’UJC Charly Ndi Chia, le chef supérieur des Bakweri S.M. Samuel M. L. Endeley, et les enfants Mbile conduit par l’Honorable Norbert Nangia Mbile. Un débat conduit des mains de maître par le Pr. Victor Julius Ngoh, Historien et vice recteur de l’université de Buea qui avait autour de lui des éminents professeurs, éducateurs, et autorités traditionnelles qui devaient entretenir l’auditoire présent sur la vie de l’homme qui, pour beaucoup, se serait démarqué par ses prises de positions politiques pendant les grands moments historiques du Cameroun, et lors de la réunification.
Les panélistes se sont étalés sur les thèmes aussi excitants comme « Mbile le nationaliste pragmatique », « Mbile le patriote », « Mbile l’éducateur », « Mbile le combattant », et « Mbile et le problème du SCNC ». On retiendra d’ailleurs d’entrée que, ce personnage aurait fait l’objet de controverse à cause de ses revirements de position au lendemain de la réunification du Cameroun. En effet, opposé à ce que le Cameroun anglophone se rallie au Cameroun francophone et favorable à la création d’un Etat souverain du Cameroun anglophone avant le référendum de 1961, il s’était plié au verdict des urnes avait invité les siens à se retourner désormais pour regarder dans une même direction, ce qui lui avait valu d’être considéré comme traîtres par ceux qui depuis lors étaient restés fidèles au mouvement de la southern cameroon national council (SCNC).
Selon le modérateur de cette rencontre, il était ainsi question de saisir l’opportunité de la célébration du cinquième anniversaire de sa mort pour revenir sur ces positions politiques, et en tirer des leçons pour l’avenir du Cameroun. Un sujet qui avait nécessité préalablement, selon l’initiateur de cette table ronde, son fils l’Hon Norbert Mbile, l’obtention de l’aval des autorités administratives à tous les niveaux, considérant la portée des sujets relatifs au SCNC à nos jours, et «et l’euphorbe de certaines personnes à ce sujet risquerait de perturber l’esprit d’unité derrière cette organisation ».
Le débat était donc très engagé pendant les quatre heures d’horloge que cela avait duré, et les participants n’ont pas manqué de manifester leur intérêt sur le problème du SCNC qui, pendent des décennies, n’a cessé de donner l’insomnie aux autorités administratives. A ce sujet, le modérateur Victor J. Ngoh a fait savoir qu’avec ce débat qui s’est déroulé en présence du gouverneur, « la question du SCNC ne sera plus perçue comme un sujet tabou ». Une position partagée par Louis Eyeya Zanga qui a réïtéré à la fin de cette table ronde que «Pour ce qui est du SCNC, je pense que ce n’est pas un tabou. J’admets que les uns et les autres en ont des opinions différentes, mais je pense que c’est une bonne chose parce que nous devrions désormais regarder dans l’avenir. Les camerounais sont à mesure de discuter publiquement et ouvertement des affaires les plus pertinentes les concernant, ceci de façon responsable, et peuvent faire la différence entre ce qui est vérité et ce qui ne l’est pas. Par ailleurs, la vie de feu N. N Mbile fait partie de l’histoire de ce pays ».
Tirant les leçons de cette intervention de la plus haute autorité administrative du Sud-ouest, Hon. Norbert Mbile, ancien député et chef traditionnel dans le Ndian, a déclaré : « Les gens ne seront plus frustrés pour avoir parlé du SCNC, et nous pensons qu’après cette discussion, nous ne serons plus traités comme un Etat de siège à l’approche du 1er octobre, comme si les territoires anglophones étaient en état d’urgence. Nous aimerions que le SCNC face parti de l’héritage politique de notre. Nous devrions en parler, en débattre. Ceux qui veulent former des partis politiques selon l’idéologie du SCNC devraient être libre de le faire, et on verra s’ils auront des militants ou pas ».
Revenant sur la personne de Narius N. Mbile, Chief Ofonda Esoh Etoh l’a présenté comme un homme qui était pragmatique, courageux et prêt a faire face aux difficultés ; ce qui lui a permis de faire valoir ses arguments et de s’opposer lorsqu’il le fallait, et toujours prêt à se réconcilier avec ses opposants politiques. Par ailleurs, revenant sur l’orientation, le Pr. Samson Abangma a relevé que ce qui manque pour l’équilibre de ce débat étaient les critiques objectives. Une position soutenue par le conservateur culturel et historien Georges Gwane qui n’a pas manqué de faire savoir que «C’était une discussion monotone qui semble avoir favorisé les aspects positifs de l’histoire de Mbile».
Revenant sur le vent de célébration et de commémoration des martyrs au Cameroun depuis quelques jours, il a revélé que, « visionnant la chaîne Equinoxe télévision, j’ai regardé un documentaire portant sur Ruben Un Nyobè.
Et je me suis dis, Enfin, les camerounais ont l’opportunité de discuter sur leur héritage national et leur patrimoine culturel. Décidément, la rencontre de ce soir a permis de comprendre que désormais, nous avons la possibilité de ressusciter la mémoire de ceux qui ont pris part à l’histoire de ce pays ».
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