Interview menée par Pierre-Alexis Kaptchouang
Faisant le point sur la recherche à l’université de Buéa, le vice-recteur chargé de la recherche, de la coopération et des relations avec le monde des entreprises est revenu sur le problème de la hausse des prix des produits de première nécessité, avant de préciser la contribution de l’Université dans la résolution de ce problème.
Professeur, l’Université est supposée être le laboratoire par excellence des solutions aux crises sociales et économiques ; Et notre pays traverse aujourd’hui une crise qui est celle de la hausse vertigineuse des prix des produits de première nécessité, et des produits alimentairement. Selon vous, quelle peut être la contribution de l’université dans la résolution de ces problèmes ?
En principe, c’est cela qui justifie la création à la tête des universités d’Etat du poste de vice-recteur chargé de la recherche, la coopération, et des relations avec le monde des entreprises, et de celui chargé des nouvelles techniques d’information et de la communication. Ces deux postes ont pour mission de travailler sur les questions de la recherche, du manque d’emploi, et de la création des emplois pour les jeunes diplômés. Ainsi, nous nous devons de travailler en partenariat avec les employeurs, les entreprises, et les industries, ainsi que d’autres institutions de recherche afin d’explorer les opportunités d’innovation et d’application des nouvelles technologies dans notre industrie agro alimentaire et toute notre industrie de production. C’est d’ailleurs pour apporter une contribution à la recherche des solutions pertinentes à ces problèmes économiques que traverse notre pays que l’Université de Buéa entend organiser en Novembre prochain un forum d’emploi et de l’innovation industrielle. Ceci regroupera sur une même scène les jeunes diplômés, les chercheurs d’emploi, les entrepreneurs, les entreprises, et autres industries afin qu’ensemble, nous puissions échanger et partager nos idées dans le but d’assister le gouvernement dans la résolutions de cette crise que nous traversons.
En votre qualité de vice recteur chargé de la recherche, de la coopération et des relations avec les entreprises de cette institution, vous avez lancé ce jour un vibrant appel à l’endroit des enseignants, les invitant à faire usage des fonds mis à leur disposition pour la recherche et qui s’élèvent à plus de 100 millions. Est-ce à dire que jusqu’ici, la tendance n’était pas à la recherche dans cette université ?
Le problème c’est que depuis un certain temps, certains de mes collègues se plaignent qu’ils ne peuvent pas publier à cause du manque de moyens. L’opportunité m’était ainsi donnée pour le dire clairement que cet alibi n’est pas fondé. Il y a de l’argent pour les travaux de recherche tant au niveau de l’administration centrale de l’institution, que des facultés et même de l’ASTI. Et les enseignants ont totalement accès à ces fonds. Pour cette année, 2007/2008, l’Université de Buea a budgetisé plus de 100 millions pour la recherche et qui est gérés au niveau de l’administration centrale, département de la recherche, sans compter ce qui a été affecté à chaque faculté et aussi à l’ASTI. C’est pourquoi j’ai jugé bon d’attirer l’attention de mes collègues pour qu’ils utilisent cet argent. Le gouvernement à travers le minesup a reservé tout cet argent à ce sujet, même si d’aucuns pensent que c’est très peu. Par ailleurs, si cet argent n’est pas utilisé, il sera difficile de demander une augmentation pour cette ligne budgetaire l’année prochaine.
On se demande bien à quoi, ou comment les résultats des recherches obtenus jusqu’ici ont été utiles ?
La recherche est avancée à l’Université de Buea. Nous avons des professeurs qui ont gagné des distinctions très honnorifiques, et ont bénéficié par là des bourses de recherche très importantes variant entre 20 et 200 millions. Nous mettons tout en oeuvre pour assurer que la recherche dans cette institution soit maintenue à un niveau bien élevé, ceci à travers une transparence dans la gestion des fonds de recherche. Certains de nos étudiants en masters à la faculté des sciences ont été récemment autorisés à mener leurs recherches avec les experts de la Société Nationales des Hydrocarbures (SNH), ce qui est une première matérialisation. Nous avons aussi signé des accords de partenariat avec le Chantier Naval et Industriel (CNIC) et la Cameroon Development Corporation (CDC), et nos collègues de la faculté des sciences meneront des revherches avec les experts de la CDC. Par ailleurs, nous avons eu des résultats concluants et très positifs de nos chercheurs des la faculté des sciences de la santé qui ont travaillé sur le paludisme, l’onchocercose, et les autres maladies, surtout les maladies tropicales.
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