La faim: décrypter le danger
Par Léopold Ngodji à Yaoundé
Vivre avec moins d’un dollar par jour. C’est le qualificatif trouvé pour désigner, il y a quelques années déjà, les pays sous développés. Une pauvreté qui constitue un handicape énorme dans la mise en œuvre d’une politique de développement car, la famine est apparue, plus que jamais, une urgence pour ces pays s’ils veulent réellement émerger. Le 16 octobre 2006 fut la journée mondiale y afférente. Seulement, pas trop de tapage au cameroun. Près de 38 millions d’Africains risquent de souffrir de la faim selon le Programme Alimentaire Mondiale. Les images diffusées par les médias à travers le monde font pourtant honte. Surtout l’Afrique recevant les sacs de riz et de mais (contreversés avec le problème des OGM) des mains des éternels donateurs riches. Jusqu’à où peut-on trouver les origines de ce mal ? Quels risques courre-t-on ? Comment le juguler ? Autant de question qu’on se pose mais à en trouver des remèdes, il y a problème. Le Cameroun n’est pas en reste et ne mesure pas l’ampleur de ce danger.
Les origines
La faim. C’est le besoin physiologique de se nourrir. Simplement ! La sécheresse et les conditions climatiques sont d’un rôle premier. Le nord Cameroun avec ses saisons sèches sévères se trouve, par exemple, dans les problèmes de mise en oeuvre d’une agriculture stable. Les hausses des prix des produits de première nécessité, les récoltes maigres s’affichant avec grand trait. Les populations incapables de se soigner tombent sur le coup d’exercice d’une agriculture nécessiteuse de l’énergie physique. Le Sida venant en tête. Beaucoup succombent. Une Afrique, où les conflits (Cote d’ivoire ; Soudan ; Ethiopie ; Erythrée …) s’expriment sous toutes ses formes, se trouve dans l’insécurité avec les agressions, les pillages… Surtout, un pays comme le Cameroun où les discours politiques sont encore distants des réalités laisse à croire pleinement à une vraie politique agricole adaptée. Le cours des exportations agricoles est vraiment à revoir.
Urgence
Les aides des donateurs qui ne résolvent pas durablement le problème sont visibles chaque fois. Dans une Afrique où le chômage, l’absence des politiques de production et d’investissement demeurent, les enjeux majeurs de développement reviennent, comme il n à jamais été, sur les tables des décideurs. Oui ! Ne pas seulement faire des dons, mais concevoir des politiques de plein emploi et avec une agriculture sérieusement mécanisée. Les zones rurales, nourricières des villes devront être pleinement encadré et recevoir des aides sociales. L’organisme de la société civile Acdic soulignait d’ailleurs dans un de ses rapports que les subventions n’atteignent pas leur cible parce que détournées.
La micro-finance, connaissant un succès (le récent prix Nobel de la paix du Bangladais l’impose), dans les pays comme le Ghana, le Nigeria, le Kenya…devrait faire cas d’école. Au Cameroun encore, le secteur a de la peine à prendre de l’envol afin d’accorder les crédits aux plus pauvres. C’est là même que cette activité trouve sa place d’être. Les conditions et les procédures restent un cheval de bataille avec les entreprises de micro-finance qui ne prennent pas toujours des risques et aussi les prébendiers qui s’y sont installés.
Le temps des aides devrait être dépassé pour donner lieu à une politique réelle de développement de notre cher continent. Les programmes et accords avec les organismes comme les institutions de Brettons Wood, le Club de Paris et de Londres…se doivent d’être retouchés profondément. La paix, n’étant pas l’absence de la guerre, se trouve aujourd’hui menacée avec un partage inéquitable des ressources, une insuffisance des infrastructures de santé, la montée des agressions à main armée entre autres. Il y a vraiment urgence.
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