Les jeunes Camerounais n'entreprennent pas
Entreprendre, prendre l'initiative de…, rendre réelle une idée. Voilà des expressions qui méritent que la jeunesse s'y habituent aujourd'hui. Le problème est profond dans notre continent l'Afrique, qui compte le plus grand nombre de jeunes actifs capables de booster notre économie. Un continent où les potentialités et les pistes d'épanouissement restent très peu exploitées. Un engouement à donner une lueur d'espoir à l'Afrique se pose avec acuité. Et une jeunesse pauvre, qui chôme et qu'on qualifie avec raison ou pas de "paresseuse".
Seulement, entreprendre requiert capacité de gestion, sacrifice, courage, détermination, prise de risque entre autres… Les jeunes manquent ces qualités? Là réside la grande préoccupation et peu être même l'essentielle.
Il y a des caractères qui ne vont pas, et n'iront jamais, avec l'entreprenariat. La facilité. Aujourd'hui, beaucoup de jeunes pensent changer leur situation sans effort. Que non! Avec leur BTS, Licence, Maîtrise, DEA, il ne suffit pas de déposer les demandes d'emploi dans les entreprises (qui sont très prudentes et sélectives dans les recrutements), et de se décourager après deux ou trois échecs. L'endurance doit être de rigueur et il faut, aujourd'hui apprendre à s'approprier les enseignements reçus afin de tirer son épingle du jeu dans un environnement de concurrence et de "savoir faire" que les recruteurs demandent chaque fois. Une jeunesse créative, rêveuse, imaginative est nécessaire aujourd'hui.
Aussi, dans un pays où le libéralisme est-elle devenu le maître mot de l'économie où l'auto-emploi revient chaque fois et un Etat qui ne recrute plus les produits sortis des grandes écoles, il y a un danger, celui de l'absence totale des cours de l'Entrepreneuriat dans les programmes de nos écoles. Mêmes dans les écoles de commerce, d'ingénieur, d'informatique, de communication…, le manque d'enseignements ayant trait avec la préparation et la motivation des produits à s'installer pour leur propre compte s'affiche. Des étudiants incapables donc de rédiger un bon projet et encore moins un bon business plan. Héla!
Une autre dimension, et non pas la moindre est la prise de risque. Le constat est clair, les jeunes n'aiment pas prendre de risque. Beaucoup disent qu'ils "ont beaucoup d'idée dans la tête" et qu'à un certain niveau ils "se découragent" parce que, un contexte difficile où le tribalisme, les relations sont de rigueur dans le monde de l'emploi. Les idées et projets d'entreprise ont de fait perdu leur effectivité à cause de manque de courage, de sacrifice et il faut le noter, l'échec n'est pas toujours négatif car il permet de savoir s'y prendre les prochaines fois.
Les institutions financières ne sont pas des moindre dans ce constat. Elles reprochent aux jeunes la capacité de produire des projets crédibles à tort ou à raison. Si en Europe, les banques prennent le risque d'accorder des crédits, celles du Sud ne voient pas de cet œil. Si aussi beaucoup de "touristes" et de "frappeurs" dominent ici, remarquons aussi qu'il y a des jeunes qui se singularisent par leur engouement de changment. Beaucoup de jeunes soulignent le manque de moyens financiers au départ sans toutefois savoir que ceux qui ont réussi parlent de la volonté et leur tête dans un premier temps. Le reste vient après.
Sous un autre angle, les spécialités disent qu'une économie comme la nôtre aura du mal à se relever si le taux des impôts et des taxes reste au niveau actuel. Pour mettre sur pied une PME, par exemple, le processus est très long, compliqué. Les tracasseries des policiers et des agents de contrôle mettent en difficulté les petits et jeunes entrepreneurs…
.......Que les choses changent vraiment.
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